Comment préserver sa voix : conseils pour les enseignants
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Comment préserver sa voix : conseils pour les enseignants

Sans toujours aller jusqu’à l’arrêt de travail, les  troubles de la voix  constituent un réel problème pour les enseignants. 40% d’entre eux sont concernés contre 20% en général dans la population(1). Ces troubles vont de la simple fatigue vocale à de véritables lésions des cordes vocales. À minima, ils entravent l’ interaction avec les élèves  pour les personnels de l’Éducation nationale. Prévenir plutôt que guérir : les conseils de La MAGE pour préserver sa voix.

De multiples causes de troubles de la voix

D’une manière plus générale, les affections ORL sont bien la première  cause d’arrêt maladie  des enseignants. L’enjeu pour tous ceux qui se retrouvent devant des classes est donc de prendre soin de sa voix, dans le cadre professionnel mais aussi pour  préserver sa qualité de vie .

Il faut tout d’abord comprendre que de nombreux facteurs, outre le fait d’avoir à crier devant une  classe bruyante  engendrent des troubles de la voix. Au-delà, s’entend, des affections saisonnières comme les laryngites, les allergies, etc. Ces facteurs recouvrent des causes différentes et multiples :

  • Une mauvaise utilisation (ou une surutilisation) de la voix, notamment lorsque l’on parle longtemps sans pause ou lorsque l’on est obligé de forcer sa voix dans un environnement bruyant.
  • Des causes médicales tels que des nodules ou œdèmes dus à un surmenage vocal  ou encore une sécheresse de la gorge provoquée par une mauvaise hydratation, un air trop sec (en particulier en hiver dans des classes surchauffées), etc.
  • Les conditions de travail, lorsque l’acoustique de la salle de classe  est médiocre, quand l’enseignant doit fréquemment changer de classe et adapter sa voix en permanence, quand il exerce devant une classe nombreuse, quand l’air ambiant subit de la pollution intérieure (poussière, craie…)
  • Des facteurs psychologiques , avec le stress qui est la principale cause d’aggravation de la tension vocale, l’anxiété qui pousse mécaniquement à serrer la gorge ou tout simplement la fatigue.

Face à tout cela, comment agir, quelles sont les bonnes habitudes à prendre ?

Une bonne hygiène vocal à maintenir

A l’instar des chanteurs, des comédiens et des grands orateurs, les personnels de l’Education nationale doivent prendre  soin de leur voix  au quotidien. Ce qui se traduit par l’attention portée à son hygiène vocale et donc l’adoption de bonnes habitudes. Celles-ci sont de natures diverses et commencent par l’hydratation régulière, qui permet aux cordes vocales de vibrer plus facilement, mais aussi par l’ échauffement de la voix  avant une longue journée de cours.

Petit exercice simple, de 2 minutes :

  1. Respiration d’appui (30 secondes) : debout ou assis, dos droit, inspirer par le nez en laissant le ventre se gonfler, expirer lentement sur un « fffff » continu, comme pour souffler dans une paille. A répéter trois fois pour activer le diaphragme et stabiliser le souffle.
  2. Humming (bourdonnement) doux (45 secondes) : fermer la bouche sans serrer, faire vibrer les lèvres et l’avant du visage avec un « mmmm » léger, monter et descendre légèrement la hauteur du son. Ce bourdonnement chauffe les cordes vocales sans les fatiguer.
  3. Roulement des lèvres (30 secondes) : faire un trille des lèvres « brrr brrr brrr » (comme imiter un petit moteur), ajouter tout petit filet de son à l’expiration pour détendre les lèvres, relâcher la mâchoire et échauffer progressivement la voix.
  4. Articulation rapide (15 secondes) : prononcer lentement puis plus vite « pa–ta–ka »,
    « ma–na–la » pour réveiller l’articulation sans pousser la voix.

L’ hygiène vocale  passe aussi par l’hygiène de vie en général, en matière de sommeil, d’exercice physique doux, etc., et par le respect de temps de repos vocal. Ce qui signifie concrètement faire des pauses dans la journée, éviter de parler dans le bruit (cour de récré, couloirs…) et limiter le chuchotement, qui fatigue la voix.

Pour les enseignants qui souffrent de stress, cette dimension est aussi à prendre en considération avec l’acquisition de  techniques de respiration  et autres exercices de relaxation.

Des techniques vocales à acquérir

Certes, le  professeur des écoles  ou l’enseignement du secondaire n’est pas forcément un chanteur – que les professeurs de musique nous pardonnent. Mais l’acquisition de techniques vocales utilisées par des artistes s’avère salutaire pour prévenir les  troubles de la voix .

De quoi s’agit-il précisément ?

  • De la respiration diaphragmatique  : l’air est géré par le diaphragme, la cage thoracique reste souple, ce qui permet une émission vocale stable, sans effort.
  • De l’appui et du soutien de la voix par une utilisation contrôlée du souffle où l’air sort progressivement, la voix est portée sans pression sur la gorge, l’énergie vocale vient du corps (abdomen, dos) et non du larynx.
  • D’une bonne posture , qui favorise une meilleure vibration des cordes vocales : colonne alignée, nuque détendue, épaules relâchées, ouverture thoracique facilitant la résonance.
  • De la détente musculaire  avec des exercices pour relâcher les mâchoires, dénouer les tensions du cou et des épaules, libérer la langue, éviter le serrage de gorge.
  • De l’utilisation des cavités de résonance  (bouche, cavités faciales, tête, thorax) pour amplifier naturellement la voix, éviter de forcer, obtenir un son plus clair et plus puissant.
  • D’une articulation précise  qui permet d’être audible sans avoir à parler plus fort.

Et oui, quelques cuillérées de miel, certes bonnes pour la santé, ne seront jamais suffisantes pour soigner la  voix d’un enseignant . Celle-ci est à considérer comme un instrument, à choyer sur la durée et au quotidien !

*Chiffres de l’UNSA Éducation, 2023 https://www.unsa-education.com/article-/troubles-de-la-voix-un-personnel-enseignant-sur-deux-est-concerne/