Les carrières dans l’enseignement et la recherche suivent rarement un parcours linéaire classique. Entre les longues années d’études, les contrats doctoraux, les séjours post-doctoraux à l’étranger et les titularisations parfois tardives, la reconstitution de carrière peut rapidement virer au casse-tête administratif. De plus, le mode de calcul des pensions de la fonction publique d’État génère souvent une perte de revenus significative lors du passage à la retraite. Pour aborder cette nouvelle étape de vie avec sérénité, l’anticipation est votre meilleure alliée. En tant que partenaire historique des personnels de l’Education nationale et de la Recherche, la MAGE vous guide dans le décryptage du système et l’optimisation de vos futurs revenus.
Comprendre votre régime de retraite
Le système de retraite repose sur la solidarité intergénérationnelle, mais son application varie fortement selon votre statut au fil de votre carrière.
Si vous êtes enseignant titulaire (professeur des écoles, certifié, agrégé) ou chercheur/enseignant-chercheur titulaire (maître de conférences, directeur de recherche), votre pension principale est versée par le Service des Retraites de l’État (SRE). Le calcul de la retraite de base s’effectue sur le traitement indiciaire brut de vos six derniers mois d’activité. Mais attention, il exclut la plupart des primes et indemnités. Notons l’exception du congé maternité, assimilé à du service effectif, ce qui n’est pas rien lorsque l’on sait, par exemple, que les femmes représentent 71% des enseignants du secteur public. Pour une carrière complète, la pension représente généralement 75 % de ce traitement de base.
Les enseignants et chercheurs perçoivent historiquement moins de primes que d’autres corps de la fonction publique. Pour compenser partiellement cette perte, la Retraite Additionnelle de la Fonction Publique (RAFP) a été instaurée en 2005. Il s’agit d’un régime par points, obligatoire, qui prend en compte vos primes (indemnité de suivi et d’orientation, primes de recherche, heures supplémentaires) dans la limite de 20 % de votre traitement indiciaire.
Si vous exercez sous contrat (doctorant contractuel, chercheur associé, enseignant vacataire), vous êtes affilié au régime général (CNAV) pour votre retraite de base, et à l’Ircantec pour votre retraite complémentaire. Contrairement aux titulaires, la retraite de base du régime général se calcule sur les 25 meilleures années de votre carrière. Si vous êtes titularisé en cours de parcours, vous relèverez des deux systèmes : vous percevrez une pension de l’État pour vos années de titulaire, et une pension du régime général et de l’Ircantec pour vos années de contractuel.
Quelques pièges spécifiques aux enseignants et chercheurs
Les personnels de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur et de la recherche rencontrent des problématiques qu’il convient d’avoir à l’esprit bien avant la cinquantaine, âge où l’on commence traditionnellement à penser à se retraite.
Parmi elles, l’impact des longues études. L’entrée tardive sur le marché du travail est la norme pour les chercheurs et professeurs agrégés. Conséquence : atteindre le nombre de trimestres requis pour une retraite à taux plein est souvent difficile avant 65 voire 67 ans. Le rachat de trimestres, sur les années d’études supérieures ou les années incomplètes est une option. Toutefois, le coût de ce rachat augmente avec votre âge et votre niveau de revenus. Il est donc financièrement stratégique d’étudier cette option entre 30 et 40 ans. Un rachat précoce coûte nettement moins cher et l’investissement est déductible de vos revenus imposables.
Pour les chercheurs, la mobilité internationale est un autre point à prendre en compte. Si vous avez effectué un post-doc au sein de l’Union européenne, de l’Espace Économique Européen (EEE) ou en Suisse, les périodes travaillées sont coordonnées : chaque pays calculera et versera la part de retraite correspondant aux années travaillées sur son sol, et ces trimestres compteront pour le calcul de votre taux plein en France. Si vous êtes parti hors de l’UE, la situation dépend des conventions bilatérales existantes de Sécurité sociale. Si aucune convention n’existe, ces années pourraient ne générer aucun droit pour votre retraite française. Il est impératif de conserver l’intégralité de vos contrats de travail, bulletins de paie et attestations de cotisations étrangères.
Agir étape par étape pour bien préparer sa retraite
La préparation de la retraite n’est pas un sprint final. C’est un marathon financier et administratif dont la ligne de départ se situe dès la trentaine – à l’âge même où des enseignants et chercheurs entrent en fonction.
À partir de 35 ans (environ), ouvrir son compte Info Retraite permet de vérifier que vos emplois d’étudiant, vos jobs d’été et vos premières années de vacation ont bien été comptabilisés. En cas de problème, il est beaucoup plus facile de faire corriger une erreur administrative avec une fiche de paie récente qu’avec un document vieux de trente ans ! C’est aussi le moment de commencer à épargner, même avec de petites sommes de 50€ ou 100€ mensuels, en ouvrant un PER (plan d’épargne retraite) ou en souscrivant une assurance-vie. La durée de l’épargne jouera largement sur les intérêts capitalisés.
À 45 ans, le PER joue en votre faveur puisque les sommes versées (sous un plafond) sont déductibles des impôts sur le revenu. Avec un petit calcul, vous pouvez donc augmenter le montant de vos versements en fonction. Et même si la retraite semble encore très loin, une première simulation de votre future pension vous aide à ajuster votre stratégie d’épargne.
À partir de 55 ans, vous avez accès à l’Estimation Indicative Globale (EIG). Ce document récapitule les droits acquis, quelles que soient les caisses, et donne une estimation de votre future pension avec des scénarios d’âge de départ. Si ces informations vous sont fournies à titre indicatif, elles vous offrent une vision plus claire. Pensez bien à vérifier leur exactitude. C’est aussi le moment de penser à votre âge de départ et éventuellement à la possibilité de travailler quelques trimestres au-delà de l’âge légal si vous avez besoin d’une surcote. Autre stratégie pour les enseignants du premier et du second degré : fixer son départ au 1er septembre au lieu de la fin de l’année scolaire permet de conserver un salaire complet durant l’été tout en gagnant une soixantaine de jours effectifs de cotisation.
Pour résumer, parce que le système est complexe et que la perte de pouvoir d’achat à la retraite est une réalité pour les enseignants et les chercheurs, construire des revenus complémentaires est indispensable. Il ne s’agit pas seulement d’épargner, mais d’épargner intelligemment. Tout comme il est nécessaire de prévoir un filet de sécurité en cas de maladie longue, d’invalidité ou pire, grâce à la prévoyance, dont les contrats de la MAGE ont été spécifiquement conçus pour les personnels de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.